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Actualités

L'évolution des couleurs dans la céramique chinoise.


Rubrique Céramique et verrerie

La céramique chinoise est une des plus belles du monde. Des premiers objets Tang jusqu’à la fin du XVIII ème siècle, toutes les pièces produites peuvent être considérées comme des chefs d’œuvre, chacune ayant apporté ses nouveautés et ses caractéristiques.
Comment sommes-nous passés du vert céladon à l’illustre famille verte ? Quelle est l’histoire des indescriptibles bleu et blanc ? Comment les céramistes ont-ils appris à maîtriser le rouge et le blanc ?
A travers quelles expériences sont-ils enfin parvenus à la perfection de la famille rose ?

C’est ce que vous découvrirez en lisant cet article.

I. Le vert des céladons Song

Les créations de cette époque sont les véritables « classiques » de la céramique chinoise et sans doute représentent-elles la plus parfaite réussite de tous les temps. Sous les Song, les céramistes sortent définitivement de l’ombre. Désormais, leurs créations, sont accueillies par l’élite chinoise comme des œuvres de haute qualité. Les céladon sont, de toutes les productions Song, les plus universellement réputées.
Les fours Song s’étaient répandus un peu partout. Ils représentent 75% de tous les fours fondés dans toute l’histoire de la Chine.
A l’époque Song, les fours Yaozhou fournissaient surtout des céladons. Les pièces provenant de ces fours sont reconnaissables à leur couleur verte caractéristique. Epais et onctueux, ce vert olivâtre semblait avoir un toucher presque gras. La profondeur du vert de ces objets et leur surface lisse faisait penser au jade. La plupart des pièces est ornée de motifs gravés ou en léger relief sous la couverte : fleurs de lotus ou de pivoines, pétales, poissons parmi les vagues. Enfin certains céladons portent des taches brunes ferrugineuses d’un bel effet décoratif.



Cette verseuse date du début des Song du Nord, à une époque où les décors s’inspiraient fortement des œuvres en métal des époques précédentes.
Très prisés par les amateurs de thé, les grès de Yaozhou à couverte monochrome vert olive sont introduits à la cour impériale. Ainsi, les deux têtes de phénix, symbole traditionnel de l’impératrice, pourraient indiquer une destination officielle.

D’autres fours, de la province de Longquan, donnèrent naissance à une autre série de céladon. On vit apparaître alors de nouveaux motifs et de nouvelles recettes de glaçure. L’aristocratie s’enthousiasma pour l’impressionnante clarté et la subtile texture des glaçures Longquan. D’apparence moins épaisse que les céladons de Yaozhou, les pièces de Longquan virent leur couleur s’éclaircir et tendre légèrement vers le bleu. Ces céladons paraissaient plus raffinés et plus précieux. La pureté des couleurs des glaçures ne rivalisait qu’avec la délicatesse des décors.

Avec leurs centres de production situés dans le Sud et épargnés par les guerres, les artisans du céladon purent franchir l’étape qui les mena à la production des glaçures blanchâtres.
Ainsi, avec la production des Qingbai, la couleur verte s’éclaircit encore davantage pour se fondre maintenant en un vert très pâle presque d’un blanc bleuté. Les formes et les décors quant à eux continuèrent de s’affiner jusqu’à obtenir une impression de translucidité et de luminosité exceptionnelle.

Les recherches des artisans de l’époque Song s’intensifièrent, et c’est ainsi que le premier décor émaillé fit son apparition. Cette technique permit de superposer à une couverte de « grand feu » des émaux de « petit feu » ; elle fut à l’origine de tous les développements de la porcelaine polychrome des Ming et des Qing.

II. Le bleu de la dynastie Yuan

L’invention la plus importante de cette époque est celle du bleu et blanc qui se situe sans doute au début du XIV ème siècle. On sait quel sera son destin !
L’utilisation d’un décor peint au bleu de cobalt est un apport iranien dont le cheminement jusqu’en Extrême-Orient a été favorisé par l’unification de l’Asie sous la domination mongole.

Dans cette technique difficile du « bleu sous couverte », le décor est posé au pinceau sur la terre crue des porcelaines façonnées. Le tout est revêtu ensuite d’une couverte, qui deviendra transparente et brillante au cours de l’unique cuisson de l’objet. Le procédé sera le même tout au long des siècles suivants.
Au milieu du XIV ème siècle, le répertoire décoratif est déjà très riche. A partir des années 1330, la production de ces articles augmenta considérablement pour satisfaire la demande du marché à l’exportation. Certaines formes étaient ainsi spécifiquement conçues pour les Arabes, tels les gourdes et les grands plats. D’autres formes en revanche, tels les petites jarres, les tasses à pied et les vases, répondaient aux besoins des Chinois.

La couleur du vase meiping en haut de cet article sublime l’illustration de la technique du bleu sous couverte maîtrisée à l’époque Yuan. Les artisans de cette époque sont parvenus à produire des chefs d’œuvre fondés sur les contrastes. Toutefois, rares sont les exemples qui font usage d’un bleu aussi profond.

L’avènement d’une dynastie nationale, succédant à la domination mongole des Yuan, imprime à toute la Chine un élan neuf. Dans le domaine de la céramique, la production est centralisée à Jingdezhen. Une manufacture impériale dont l’importance ira croissant et des manufactures privées groupées autour d’elle, feront de cette cité la métropole de la porcelaine chinoise.

III. L’explosion des couleurs sous la dynastie Ming

La porcelaine à partir des Ming se caractérise par la prédominance du décor peint, traité soit en bleu ou en rouge sous couverte, soit en couleurs émaillées. Dès le début, les pièces impériales sont d’une matière techniquement parfaite. Les couvertes, un peu onduleuses, leur donnent une vibration et une vie impressionnantes.
Dès le XV ème siècle, les thèmes les plus classiques sont inspirés par les motifs de soierie damassées : rinceaux de lotus, animaux fabuleux, nuages, arabesques, etc. D’autres évoquent les sujets littéraires et les sujets mythologiques.

Zhu Yuangzhang, qui fut le premier empereur Ming, avait une prédilection pour la couleur rouge. Il fallut du temps aux céramistes pour maîtriser la cuisson de l’oxyde de cuivre et pour réaliser des productions faisant éclater toute la brillance du rouge sous glaçure. La cuisson devait en effet faire l’objet d’une attention soutenue pour empêcher que la couleur ne tourne au gris.



Ce vase à boire kendi illustre, grâce aux taches sombres réparties çà et là, la difficulté de contrôler le rouge de cuivre.

A cette époque, le rouge de cuivre sous couverte prend un essor considérable, dépassant en nombre la production de bleu de cobalt sous couverte.

Matériaux rares et artisans talentueux affluent à Jingdezhen désormais capitale incontestée de la porcelaine, où sans cesse de nouvelles expériences sont tentées. Il s’agit de combinaisons chromatiques audacieuses telles que l’association du rouge de cuivre et du bleu de cobalt, ainsi que des compositions d’émaux jaunes, verts et rouges sur couverte : les premiers doucai ou « couleurs contrastées ». Les doucai doivent leur douce harmonie au fait que les contours des motifs peints sont tracés en bleu sous couverte préalablement à la pose des émaux polychromes.



Ce sont les pièces à décor d’émaux polychromes qui expriment le mieux l’esprit novateur de cette période, qu’il s’agisse de bols à dragon émaillé vert sur fond blanc, ou encore de plats à décor floral bleu en réserve sur fond d’émail jaune.



Ce jaune lumineux prend désormais le pas sur le rouge cramoisi et devient la couleur impériale.
A la fin du XVII ème siècle, un terrible incendie ravage les fours de Jingdezhen. Ceux-ci ne seront reconstruits qu’en 1683. Ils seront alors sous le contrôle du gouvernement qui se servira de la porcelaine comme outil de propagande à la gloire du souverain. La céramique de l’ère Qing était lancée…

IV. Le rose sublimé sous les Qing

La négligence des derniers empereurs Ming et leurs extravagances menèrent à une crise financière.

Le pays connut à nouveau une ère de prospérité sous les empereurs Kangxi (r. 1662-1722), Yongzheng (r. 1723-1735) et Qianlong (r. 1736-1795), tous trois étaient pénétrés d’idées occidentales. La ville de Jingdezhen connaît alors un essor considérable et devient une véritable cité industrielle. Au début du XVIII ème siècle, elle compte un million d’habitants et trois mille fours en activité, fours qui produisaient dix mille porcelaines impériales par an. Le règne de Kangxi est caractérisé par la vigueur des formes, des dessins et des coloris.
C’est dans cette effervescence qu’apparaît la famille verte. Le triomphe de la famille verte sous Kangxi est l’aboutissement d’une longue progression. Par la découverte d’un émail bleu, les céramistes se sont libérés du traditionnel bleu sous couverte qui décorait jusque là les porcelaines émaillées. Ces émaux multicolores sont posés sur le corps préalablement cuit sans couverte. Ils prennent des tonalités plus assourdies et se détachent sur des fonds colorés noirs, jaunes ou verts.



Kangxi est un scientifique passionné. Il porte un tel intérêt aux expérimentations de ses céramistes qu’il incite ces derniers à s’installer dans le palais impérial afin d’y développer une nouvelle gamme d’émaux.
L’invention d’un émail rose et d’un blanc opaque à l’arsenic, associés aux émaux de la famille verte, donnera naissance à la famille rose.
Sous le règne de Yongzheng, ces familles roses occupent une place de choix.



Les émaux forment une harmonie plus douce. L’émail blanc, récemment inventé, est mélangé aux autres émaux afin d’obtenir des tons pastels qui multiplient les nuances de chaque couleur. Cette nouvelle gamme de palette permit d’accentuer encore la minutie des détails. La vigueur de la famille verte laisse place à la délicatesse des coloris tendres et à la finesse des pâtes « coquille d’œuf ».



Le XIX ème siècle, malgré une production pléthorique, ne s’illustre que par des copies. C’est bien avec le règne de Qianlong que se termine l’histoire des porcelaines impériales, que savent aujourd’hui apprécier les spécialistes dans les ventes aux enchères internationales.

Anne-Flore de Bonneval



A propos d'Anne-Flore de Bonneval

Anne-Flore de Bonneval est expert en Arts d'Asie et céramique chinoise. Elle collabore avec le cabinet Authenticité dans ses différentes missions et est chargée de cours à l'I.E.S.A. Campus II de Paris.

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